Club de Karate Shito Ryu à Bruxelles (Auderghem).
Au travers de la pratique des katas, les cours de Pinando Ryu se focalisent sur la pleine conscience, la méditation, le contrôle de la respiration, la création d'états mentaux (calme, paix, vacuité, détermination, etc …).
Les applications des katas sont étudiées tant dans leur forme traditionnelle que dans les techniques de self défense.
Les changements de rythmes et le travail des distances sont une préparation au combat.
Avec l’arrivée du beau temps, c’est l’occasion de pratiquer Tensho en pleine nature.
Derrière ses mouvements souples et circulaires, ce kata recèle de nombreuses applications martiales : contrôles, frappes, dégagements, self défense à courte distance…
C’est aussi un formidable exercice de respiration, de stabilité et de pleine conscience.
Les racines des arbres nous rappellent l’importance d’être solidement ancré dans nos valeurs, nos projets et nos relations.
Le feuillage agité par le vent nous invite à rester souples, adaptables et l’esprit léger.
Il y a plusieurs années, mon ami Kiyomalo Kamohara m'a offert un petit livre intitulé Healing by Karate (La guérison par le karaté).
Il savait déjà combien je m'intéressais au kata Tensho.
Je l'ai récemment relu avec beaucoup de plaisir.
L'auteur, Haruyoshi Yamada, y explique comment la pratique du karaté, notamment des katas Tensho et Naihanchi, peut accompagner un travail de santé, de respiration et d'équilibre intérieur.
Cette vision du karaté me parle particulièrement.
Depuis longtemps, j'enseigne à mes élèves que Tensho est bien plus qu'une suite de techniques.
C'est un travail sur la respiration, le calme mental, la concentration et la création d'états d'esprit utiles dans la pratique comme dans la vie quotidienne.
La photo a été prise il y a quelques semaines dans les jardins de la Villa Borghese à Rome, lors d'un voyage avec ma grande fille.
Merci à Kiyo pour ce cadeau qui continue à nourrir ma réflexion, de nombreuses années après me l'avoir offert.
Au cours de ce mercredi (de 17 à 18h00), Luc reprendra les quelques techniques de ippon kumite que nous avons vues hier.
Ce type d’entraînement est très riche en enseignements : précision et force adaptée des techniques, travail du timing et des distances, explosivité, esprit de détermination, préparation au combat libre (jyu kumite)…
C’est un véritable boost pour progresser dans le karaté.
Comme chaque année, nous profitons de ce changement de rythme pour travailler… les changements de direction.
Au programme ce dimanche : le Tenshin Happo, un exercice traditionnel basé sur le travail dans les 8 directions.
En karaté, rester figé face à un obstacle, c’est devenir une cible. Apprendre à changer d’angle, à se déplacer et à rester fluide, c’est apprendre à s’adapter lorsque les repères changent.
Ce qui m’intéresse dans le karaté, c’est qu’il construit d’abord une solidité intérieure… puis une vraie qualité de relation aux autres.
En relisant le best seller de Stephen Covey « Les 7 habitudes de ceux qui réalisent tout ce qu’ils entreprennent », j’ai retrouvé exactement cette progression.
La « victoire intérieure »
Trois habitudes permettent de construire une victoire intérieure — une forme d’indépendance face aux événements extérieurs :
• savoir dès le départ où l’on veut aller
• être proactif
• donner la priorité aux priorités
Je vois un parallèle évident avec la progression en karaté : au fil des années, le pratiquant développe une autonomie technique, physique et mentale. Il apprend à moins dépendre des circonstances, et à se construire un axe, une discipline, une stabilité.
La « victoire publique »
Trois autres habitudes visent une victoire publique : le chemin de l’interdépendance, où la qualité du lien humain change tout :
• penser gagnant-gagnant
• chercher d’abord à comprendre avant d’être compris
• profiter de la synergie
Là aussi, le karaté offre une illustration très concrète de cette logique. Plus on avance, plus on comprend qu’on ne progresse réellement qu’avec les autres : le senseï, les partenaires, les corrections, les encouragements…
À un certain niveau, on ne « réussit » pas seul : on réussit grâce à la qualité des synergies créées au dojo.
La 7e habitude : « aiguiser la scie »
Enfin, la 7e habitude soutient toutes les autres : développer ses capacités physiques, intellectuelles, émotionnelles et spirituelles. Autrement dit : continuer à s’entretenir, se renforcer, se recentrer, s’élever.
Une illustration remarquable en kata
Dans la vidéo ci-dessous, la prestation de l’équipe féminine japonaise en kata (finale mondiale 2006) me semble être un bel exemple de ces principes :
• Indépendance : chaque pratiquante est stable, autonome, présente, solide dans ses appuis et dans son mental.
• Synergie : pourtant, on ne voit pas trois personnes « ensemble » ; on voit une seule intention, un seul rythme, une cohérence collective.
C’est précisément cette tension féconde entre autonomie individuelle et puissance du collectif - indépendance et interdépendance - que Covey met en lumière.
Et c’est aussi, à sa manière, une définition très concrète de ce que l’on cherche au dojo.
📍Cours de Karaté et Pleine Conscience à Bruxelles, chaque dimanche 13h00 et mercredi 17h00 – Centre Sportif de la Forêt de Soignes (Adeps Auderghem) ➡️ karate.odoo.com
🥋 Tokyo, années 1920. Deux Okinawaïens contribuent à installer le karaté sur le continent, mais avec des priorités différentes.
Gichin Funakoshi (à l’origine du Shotokan) pousse une pratique plus éducative, structurée, “présentable” et transmissible.
Chōki Motobu, lui, met en avant un karaté de courte distance, pragmatique, centré sur l’efficacité et le contact.
Ce n’est pas seulement une rivalité de personnes : c’est un désaccord sur ce que le karaté doit devenir.
Et forcément, cette tension finit par produire des histoires de duel — la plus célèbre mettant Funakoshi et Motobu face à face.
🥊 L’étincelle documentée, c’est l’épisode du “boxeur étranger”. Un combat a lieu à Kyoto (souvent daté de novembre 1922 dans les récits), puis une version très diffusée apparaît dans la presse grand public, notamment dans le magazine King, en septembre 1925. Cette publication contribue à faire connaître le karaté bien au-delà des cercles d’initiés.
📰 Et là, le détail qui envenime tout : l’illustration. Plusieurs récits historiques rapportent que l’article a été accompagné de dessins qui ressemblaient davantage à Funakoshi (ou utilisaient des postures associées à ses publications), ce qui a nourri l’idée d’un “crédit volé” — intentionnel ou non. Dans un monde où la réputation fait tout, l’erreur (ou la substitution) devient explosive.
🔍 Ensuite, la légende s’emballe — et elle nomme Funakoshi.
Dans les récits de dojo, la version la plus racontée est celle d’une confrontation Motobu vs Funakoshi: Motobu serait allé “tester” Funakoshi à Tokyo, avec saisie, déséquilibre, kake-kumite… et, dans certaines variantes, une scène tournée en humiliation.
Mais quand on revient aux témoignages attribués à Motobu, il est surtout question d’un autre Okinawaïen enseignant à Tokyo, sans identification explicite. C’est là que la tradition orale a fait son travail : elle a nommé, simplifié, dramatisé.
🎯 Et nous, au dojo, le drama, on ne s’en préoccupe pas !
La vraie question c’est : quelles sont les spécificités de la méthode de Motobu, et comment on les entraîne ?
📍Cours de Karaté et Pleine Conscience à Bruxelles, chaque dimanche 13h00 et mercredi 17h00 – Centre Sportif de la Forêt de Soignes (Adeps Auderghem) ➡️ karate.odoo.com
La vie ne se construit jamais à partir d’un seul facteur.
Elle est faite de rencontres, de circonstances, de transmissions, de blessures aussi, et parfois de chances précieuses.
Avec le recul, j’ai compris que j’ai eu une chance déterminante : celle d’avoir reçu très tôt un amour clair, solide, indiscutable. Même lorsqu’il n’était plus physiquement présent, il continuait d’exister comme un appui intérieur.
J’ai également reçu des repères. Une exigence morale, une certaine idée de la bonté et de la tolérance. Mais surtout une invitation à penser par soi-même, à garder un esprit critique, à ne pas confondre force et rigidité.
Aucune méthode, aucune pratique ne peut remplacer cela. Ni l’amour reçu, ni les relations humaines, ni les valeurs transmises ne se fabriquent par un simple exercice.
Et ce socle n’est pas égal pour tous.
En revanche, il existe des outils qui peuvent aider à traverser certains moments clés. Pour moi, le karaté - et notamment le travail autour de Tensho - a été l’un de ces supports. Pas une solution. Pas un but. Mais un moyen de m’ancrer, de faire baisser la pression, de retrouver un point d’appui lorsque c’était nécessaire.
Les livres, les échanges et les réflexions m’ont beaucoup appris.
Mais ce qui s’est réellement ancré s’est construit, pour moi, dans la répétition, parfois ingrate, du travail au dojo.
Avec le temps, ces pratiques m’ont surtout appris à m’ancrer davantage, à clarifier mes intentions, même sans certitude, à avancer avec une détermination simple, sans me durcir, et à cultiver une certaine légèreté.
Une légèreté qui n’est ni une fuite ni un refus de la réalité. Mais une manière de rester ouvert, ajustable et lucide face aux tensions et aux conflits.
C’est dans cet esprit que j’enseigne le karaté au Pinando Ryu : un karaté exigeant et profondément martial, ancré dans le travail rigoureux des katas, de leurs applications, des distances et du combat, où la précision, la maîtrise de soi et la lucidité donnent tout leur sens à l’efficacité.
Les chemins sont multiples. Aucun n’est supérieur aux autres. Mais lorsque l’on peut développer des appuis intérieurs solides, la vie - même difficile - peut être vécue avec un peu plus de justesse, de liberté intérieure et d’humanité.
Cours chaque dimanche à 13h00 (et mercredi à 17h00) – Auderghem .